par Michel CARBONARA
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Directeur de Cap Méditerranée
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Le séjour à Paris a valu la peine car, il a été la possibilité de trouver des propositions vraiment intéressantes. On a rencontré des associations et des collectifs qui essaient d’offrir un nouveau regard sur les problèmes concernant les SDF.
Chacun, on tenté de nous montrer comment appréhender ces problèmes d’une manière différentes des solutions habituellement proposées par les institutions officielles, et nous amène à regarder au de-là des services d’hébergement ou d’accueil conventionnels.
Ces propositions ne sont pas non-plus les seules, évidement. Mais au moins elles nous montrent une autre voie, une voie plus humaine, une voie qui permet aux personnes en difficulté de se sentir un peu plus proche de la « normalité ».
Et voilà:
La Moquette: un lieu d’expression.
Camp de base des “Les compagnons de la nuit”, à La Moquette on peut trouver des ateliers d’écriture, des débats, des rencontres. Touts ouverts pour celui qui veut y aller.
Lien: http://www.compagnonsdelanuit.com/
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Busabri: du café, des jeux, de la compagnie.
On est dans un autobus deux étages recyclés. De la place disponible et toujours une boisson chaude. Ces sont les principes de ce petit club social mobile.
Lien: http://lesenfantsducanal.fr/
Les Anarchistes Anonymes.
Lancé par un éducateur de EGO, ce groupe se compose des usagers et des autres personnes qui aiment la musique.
Les bagageries: tes affaires à l’abri.
http://www.paris.catholique.fr/Ouverture-de-la-bagagerie-ANTIGEL.html
http://www.mainslibres.asso.fr/fichiers/dossier%20de%20presse%20.pdf
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Les péniches: manger sur la Seine comme les touristes.
Restos du cœur, L’Armée du Salut, et autres associations offrent leurs services déjeuner aux quelques péniches le long du Seine.
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Gorka
correction: Caroline
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Vidéo projeté au quatrième atelier de la DiHAL qui resume l’experience autour les cinq villes que ont composées « Etat des Lieux ».
Bruno: Nous avons produit un court-métrage pour relater notre expérience : « On ne peut pas accepter qu’une frange de la population n’ait pas accès à une réponse sociale ».
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Vidéo de 8:09 mn
Montage: Bruno
Images : Bruno, Sergio, Anne.
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Vidéo de 1:58 mn
Son: Gorka.
Montage: Gorka.
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Vidéo de 1:56 mn
Son: Gorka.
Montage: Gorka.
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Vidéo de 3:15 mn
Images: Anne, Bruno, Sergio et Gorka
Musique: Löshtana
Montage: Gorka
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Vidéo de 1:59 mn
Images: anonymes
Musique: Löshtana
Montage: Gorka
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Vidéo de 1:32 mn
Images: anonymes
Musique: Löshtana
Montage: Gorka
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Dans la nuit du 1er Octobre, quelqu’un s’est introduit dans La Halte : l’accueil de jour de Emmaus à Bordeaux. Quand les salariés sont arrivés le lendemain matin, ils ont trouvé une porte cassée. Ils ont fait le tour et vérifié s’il manquait quelque chose. Ils ont ensuite appelé la police. Mais non, personne n’avait rien volé, apparemment celui qui était entré ne voulait qu’un lieu pour dormir. Un peu plus tard, en parlant avec un salarié il m’indiquait que cela faisait la troisième fois que cela arrivait ces derniers mois. Cet évènement a donné lieu par la suite à une discussion sur les problèmes d’hébergement qui existent à Bordeaux.
“Ce n’est pas la violence”, disait quelqu’un en trouvant des circonstances atténuante au coupable.
C’est à la mairie de donner les ressources nécessaires, mais il y a toujours des excuses pour reporter ou réduire les investissements.
Il n’y a que 150 places d’hébergement dans cette ville de plus de 250 000 d’habitants. Entre 250 et 300 personnes, appelent le 115 en demandant un lit chaque soir, seulement il n’y en a pas pour tout le monde. Durant l’hiver, le nombre de places augmentent, et parallèlement le nombre de demandes s’accroit. L’année dernière un sans abris est mort de froid dans la rue. Apparemment et d’après les autorités, il avait des problèmes psychiques. C’est à cause de cela, qu’il refusait un hébergement. D’après ceux qui le connaissaient, cette personne avait un chien et c’était la raison de son refus. C’est un problème récurrent, il n’y a pas de places pour les animaux.
http://fr.novopress.info/43254/les-amis-du-sdf-mort-a-bordeaux-se-battent-pour-sa-memoire/
http://www.rtl.fr/actualites/article/un-sdf-vraisemblablement-mort-de-froid-a-bordeaux-5931331278
Le 115 fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine. Les centres d’hébergement ouvrent de 18h00 à 8h00 du matin. Pour réserver un lit, il faut appeler le 115 (c’est gratuit) et donner son nom. s’il reste encore des places, la personne devra aller à pied au centre indiqué.
En parlant avec les usagers de La Halte, j’ai découvert le fait suivant : à cause du manque de places, il existe une règle non officielle, selon laquelle une personne qui appele le 115 pourra dormir trois nuits de suite sur les centres d’hébergement et ensuite, elle devra rester trois nuits à la rue. C’est un fonctionnement officieux qui permet à tous de pouvoir dormir à l’abri à un moment donné.
C’est pourquoi personne à La Halte n’avait l’air dérangé par cette intrusion. Apparemment ils semblaient plus inquiets pour ceux qui arrivaient et qui trouvaient la porte fermée, le temps que la police arrive pour la déclaration. Les salariés sont alors sortis pour expliquer la situation et un peu plus tard ils ont commencé à proposer des cafés.
Il était clair pour tout le monde, que la personne n’était pas une inconnue. Mais pouvait-on reprocher à une personne de vouloir survivre?
“C’est un acte évocateur”, jugeait quelqu’un.
Le soir même, nous avons discuté de cette situation concernant l’hébergement sur Bordeaux et nous avons décidé de pas faire la nuit 115. Nous nous étions mis d’accord sur le fait que le plus important était de laisser la place pour ceux qui en avaient le plus besoin et que le projet devait passé après.
Le lendemain matin, le service à La Halte avait repris, à 09h00 la porte était de nouveau ouverte et petit à petit les fidèles commençaient à arriver. L’ambiance était agréable et conviviale. Une bonne odeur de café inondait l’endroit, le “Close to me” de The Cure sonnait à la radio, quelques personnes jouaient aux cartes, une autre somnolait sur un fauteuil et deux petits chiots se poursuivaient autour la salle.
“C’est tranquille ce matin” a déclaré un salarié, “ils doivent penser que c’est encore fermé”.
Normalement ce n’est pas comme ça. Dès la première heure, beaucoup de monde arrivent. La Halte ouvre une heure après la fermeture des centres d’hébergement. Cela dépend de la distance à parcourir jusqu’à La Halte. Ils arriveront alors plus ou moins tard. Pour la plupart, ils ont l’habitude de venir à pied.
Environ 30 personnes arrivent tous les jours, les heurts sont fréquents. Les sans abri sont d’habitude méfiants, et jaloux entre eux. Il arrive au minimum un incident par semaine. Le mélange est explosif : des personnes en souffrance psychique, des problèmes d’addiction, des jeunes en rupture, des immigrants, des alcooliques, des animaux; il est impossible de savoir quel sera le détonateur de la dispute.
Les salariés sont aimables y ils semblent connaitre toutes les personnes qui viennent. Ils sont accueillants et reçoivent tout le monde avec le sourire. Deux fois par semaine une infirmière et une travailleuse sociale se joignent à l’équipe pour faciliter l’accès aux soins pour les usagers.
Fort heureusement la journée à La Halte s’est terminé sans problème et nous avons eu la chance de voir le meilleur aspect du travail dans ce centre de jour.
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Gorka
Correction : Caroline
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Au départ, c’était un projet où je me situais comme un artiste-photographe, fils de son temps.
À travers les ateliers de rue avec les gens, on se photographiait mutuellement et la réalisation de la bâche-collage était une occasion de leur donner la parole.
Mais au fil de deux étapes, Marseille et Bordeaux, j’ai eu comme une série de fulgurations.
La première était un simple constat : même les associations qui travaillent en première ligne avec les sans-abris, pour la plupart dans un état d’urgence, sont loin de comprendre les drames réels qui se passent pour chaque personne. Et si elles arrivent à le faire, ce n’est pas suffisant.
La deuxième fulguration est arrivé en regardant les deux premières bâches et en me demandant si, malgré tout, nous avions fait de l’art. À ce moment, il était évident que les œuvres soient attendues, justifiées, normalement produites pour la satisfaction ultérieures de l’historien, du musée ou du simple amateur.
Au commencement est la violence, l’effraction, souvent le scandale… Sur ces bâches, chaque visage, chaque phrase écrite représente une réalité qui n’aurait pas dû avoir lieu. Pire, une exception qui ne confirme aucune régle.
Dans « état-des-lieux », la partie filmé, qui est apparemment un simple reportage, nous ramène aux conditions dans lesquelles ont été créé les bâches, qui ne sont rien d’autres que des espaces mouvants et contradictoires où l’on voit apparaître, de l’intérieur, au moment même où il a lieu, le geste de la création.
Un bon observateur peut se situer, d’un coup, dans le système nerveux de la parole qui devient acte, du trait et de la couleur, de la mélodie et du rythme de l’événement. À chaque fois, c’est la même force qui se révolte contre l’évacuation, hypocritement silencieuse, des corps. C’est l’individu extrême, l’élément indivisible, qui affirme être la seule réalité vraie, la pointe ultime du réel. Loin de justifier le flux biologique d’où il sort, il le cerne du dehors, il le marque, il le juge, l’anéantit, l’oublie… Et de ce fait, devient exception. Tel est la règle en art, d’où émergent, périodiquement, les scandales moraux, les embarras légaux, les remous sociaux.
Sergio STERN
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