Category: l’expérience de Gorka

avr 30

Paris: grands problèmes, alternatives originales.

Le séjour à Paris a valu la peine car, il a été la possibilité de trouver des propositions vraiment intéressantes. On a rencontré des associations et des collectifs qui essaient d’offrir un nouveau regard sur les problèmes concernant les SDF.

Chacun, on tenté de nous montrer comment appréhender ces problèmes d’une manière différentes des solutions habituellement proposées par les institutions officielles, et nous amène à regarder au de-là des services d’hébergement ou d’accueil conventionnels.

Ces propositions ne sont pas non-plus les seules, évidement. Mais au moins elles nous montrent une autre voie, une voie plus humaine, une voie qui permet aux personnes en difficulté de se sentir un peu plus proche de la « normalité ».

Et voilà:

La Moquette: un lieu d’expression.
Camp de base des “Les compagnons de la nuit”, à La Moquette on peut trouver des ateliers d’écriture, des débats, des rencontres. Touts ouverts pour celui qui veut y aller.

15 Rue Guy Lussac, Paris © Gorka

Lien: http://www.compagnonsdelanuit.com/

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Busabri: du café, des jeux, de la compagnie.
On est dans un autobus deux étages recyclés. De la place disponible et toujours une boisson chaude. Ces sont les principes de ce petit club social mobile.

Détail du Busabri © Gorka

Lien: http://lesenfantsducanal.fr/

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Les Anarchistes Anonymes.
Lancé par un éducateur de EGO, ce groupe se compose des usagers et des autres personnes qui aiment la musique.

A la répétition des "Les Anarchistes Anonymes" © Gorka

Lien: http://www.ego.asso.fr/

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Les bagageries: tes affaires à l’abri.
http://www.paris.catholique.fr/Ouverture-de-la-bagagerie-ANTIGEL.html
http://www.mainslibres.asso.fr/fichiers/dossier%20de%20presse%20.pdf

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Les péniches: manger sur la Seine comme les touristes.
Restos du cœur, L’Armée du Salut, et autres associations offrent leurs services déjeuner aux quelques péniches le long du Seine.

Péniche du Cœur 24 port d'Austerlitz, Paris 13eme. © Gorka

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Gorka
correction: Caroline

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déc 15

Bordeaux: “C’est un acte évocateur”

Dans la nuit du 1er Octobre, quelqu’un s’est introduit dans La Halte : l’accueil de jour de Emmaus à Bordeaux. Quand les salariés sont arrivés le lendemain matin, ils ont trouvé une porte cassée. Ils ont fait le tour et vérifié s’il manquait quelque chose. Ils ont ensuite appelé la police. Mais non, personne n’avait rien volé, apparemment celui qui était entré ne voulait qu’un lieu pour dormir. Un peu plus tard, en parlant avec un salarié il m’indiquait que cela faisait la troisième fois que cela arrivait ces derniers mois. Cet évènement a donné lieu par la suite à une discussion sur les problèmes d’hébergement qui existent à Bordeaux.
“Ce n’est pas la violence”, disait quelqu’un en trouvant des circonstances atténuante au coupable.

Porte cassée @ Gorka


C’est à la mairie de donner les ressources nécessaires, mais il y a toujours des excuses pour reporter ou réduire les investissements.
Il n’y a que 150 places d’hébergement dans cette ville de plus de 250 000 d’habitants. Entre 250 et 300 personnes, appelent le 115 en demandant un lit chaque soir, seulement il n’y en a pas pour tout le monde. Durant l’hiver, le nombre de places augmentent, et parallèlement le nombre de demandes s’accroit. L’année dernière un sans abris est mort de froid dans la rue. Apparemment et d’après les autorités, il avait des problèmes psychiques. C’est à cause de cela, qu’il refusait un hébergement. D’après ceux qui le connaissaient, cette personne avait un chien et c’était la raison de son refus. C’est un problème récurrent, il n’y a pas de places pour les animaux.

http://fr.novopress.info/43254/les-amis-du-sdf-mort-a-bordeaux-se-battent-pour-sa-memoire/
http://www.rtl.fr/actualites/article/un-sdf-vraisemblablement-mort-de-froid-a-bordeaux-5931331278

Le 115 fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine. Les centres d’hébergement ouvrent de 18h00 à 8h00 du matin. Pour réserver un lit, il faut appeler le 115 (c’est gratuit) et donner son nom. s’il reste encore des places, la personne devra aller à pied au centre indiqué.
En parlant avec les usagers de La Halte, j’ai découvert le fait suivant : à cause du manque de places, il existe une règle non officielle, selon laquelle une personne qui appele le 115 pourra dormir trois nuits de suite sur les centres d’hébergement et ensuite, elle devra rester trois nuits à la rue. C’est un fonctionnement officieux qui permet à tous de pouvoir dormir à l’abri à un moment donné.

C’est pourquoi personne à La Halte n’avait l’air dérangé par cette intrusion. Apparemment ils semblaient plus inquiets pour ceux qui arrivaient et qui trouvaient la porte fermée, le temps que la police arrive pour la déclaration. Les salariés sont alors sortis pour expliquer la situation et un peu plus tard ils ont commencé à proposer des cafés.

P’tit kawa @ Gorka

Il était clair pour tout le monde, que la personne n’était pas une inconnue. Mais pouvait-on reprocher à une personne de vouloir survivre?

“C’est un acte évocateur”, jugeait quelqu’un.

Le soir même, nous avons discuté de cette situation concernant l’hébergement sur Bordeaux et nous avons décidé de pas faire la nuit 115. Nous nous étions mis d’accord sur le fait que le plus important était de laisser la place pour ceux qui en avaient le plus besoin et que le projet devait passé après.

Le lendemain matin, le service à La Halte avait repris, à 09h00 la porte était de nouveau ouverte et petit à petit les fidèles commençaient à arriver. L’ambiance était agréable et conviviale. Une bonne odeur de café inondait l’endroit, le “Close to me” de The Cure sonnait à la radio, quelques personnes jouaient aux cartes, une autre somnolait sur un fauteuil et deux petits chiots se poursuivaient autour la salle.

« C’est tranquil ce matin » @ Gorka

“C’est tranquille ce matin” a déclaré un salarié, “ils doivent penser que c’est encore fermé”.
Normalement ce n’est pas comme ça. Dès la première heure, beaucoup de monde arrivent. La Halte ouvre une heure après la fermeture des centres d’hébergement. Cela dépend de la distance à parcourir jusqu’à La Halte. Ils arriveront alors plus ou moins tard. Pour la plupart, ils ont l’habitude de venir à pied.
Environ 30 personnes arrivent tous les jours, les heurts sont fréquents. Les sans abri sont d’habitude méfiants, et jaloux entre eux. Il arrive au minimum un incident par semaine. Le mélange est explosif : des personnes en souffrance psychique, des problèmes d’addiction, des jeunes en rupture, des immigrants, des alcooliques, des animaux; il est impossible de savoir quel sera le détonateur de la dispute.

Les salariés sont aimables y ils semblent connaitre toutes les personnes qui viennent. Ils sont accueillants et reçoivent tout le monde avec le sourire. Deux fois par semaine une infirmière et une travailleuse sociale se joignent à l’équipe pour faciliter l’accès aux soins pour les usagers.

Fort heureusement la journée à La Halte s’est terminé sans problème et nous avons eu la chance de voir le meilleur aspect du travail dans ce centre de jour.

Petit chiot @ Gorka


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Gorka
Correction : Caroline

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nov 10

Grenoble : étape supprimée

L’étape de Grenoble a été supprimée au dernier moment à cause des problèmes que nous avons rencontré sur place.
Nous montrons quand même quelques images en relation avec le projet.

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L’accueil de nuit est placé au milieu d’un lieu en construction, entre des voies de chemin de fer et une route d’accès à la ville.

Derrière l'accueil de nuit @ Gorka

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Les environs, arborés et montagneux, contrastent avec le bruit et la circulation devant  l’accueil.

Façade de l'accueil de nuit @ Gorka

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Nous n’avons pas parlé avec les salariés et non plus avec les usagers. Dès lors, nous ne pouvons pas évaluer la situation à Grenoble, mais…

Revendications @ Gorka

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Pas loin de l’accueil se trouve un campement de Roms, de l’autre côté de la voie ferrée.

Campement de Roms @ Gorka

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Gorka

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oct 13

Marseille : mon expérience

La première étape du projet Etat des lieux s’est déroulée à Marseille les 28, 29, 30 septembre. Le premier jour a été difficile pour entrer en contact avec les personnes. Les jours suivants se sont nettement améliorés. Le 30 septembre M. Carbonara, était avec nous pour effectuer la synthèse du débat. Dès lors, je vais plutôt approfondir sur la journée du 29 septembre. Cette journée s’est écoulée entre la Hameau de l’Armée du Salut et la Madrague. Pour moi, ces deux endroits mettent en évidence deux concepts pour lutter contre le même problème. En fait, dans la réalité ces structures sociales proposent des réponses différentes en fonction des besoins des personnes.

En fait, je peux seulement parler de mes sensations lors de cette expérience et faire aussi quelques critiques concernant un système qui préfère cacher les problèmes avant de les résoudre.

Trois jours ne sont pas suffisants pour créer du lien social avec les personnes sans abris dans une ville, et encore moins durant une nuit. Pour la plupart, ils ne se confient pas, et il faut du temps pour entrer en relation avec eux, pour qu’ils se sentent en confiance, qu’ils te considèrent comme faisant partie de leur monde. Bien entendu il y a des personnes plus extraverties, avec qui on peut bien parler, mais finalement ça n’est pas vraiment faire la connaissance d’un individu. En fait, je me suis senti comme un touriste, j’ai été mal à l’aise, et j’ai ressenti de la tristesse.

En arrivant à la Madrague © Gorka

La Madrague est un accueil de nuit, un lieux où les gens peuvent se coucher, prendre une douche chaude et calmer leur faim. Ces équipements sont placés loin du centre-ville, sous une autoroute et au milieu d’un site post-industriel. L’environnement est sale et bruyant. A dix mètres, la circulation y est incessante. Il y a des personnes qui après une nuit dans ce lieu préfèrent retourner dormir à la rue. Arriver jusqu’à ce site est difficile. Il y a une seule ligne de bus qui s’arrête au plus près à dix minutes à pied. Pendant la nuit la seule manière d’arriver à la Madrague est d’appeler le 115. Les fourgonnettes du SAMU SOCIAL, circulent dans la ville en quête «d’hôtes». Le lendemain matin, il n’y a aucun retour en centre ville prévu. Les personnes repartent en bus, et la plupart rentrent à pied.

Un couloir qui mène aux chambres © Gorka

Quand tu arrives sur le site, tu as l’impression de rentrer dans une prison, il y a des doubles portes, des caméras, mais ne rentrent que les personnes qui le veulent vraiment. Les salariés, ont un air dur et semblent plutôt chevronnés. Ils te reçoivent et te demandent d’où tu viens. Si la personne est de nationalité française, elle entre, sinon elle doit attendre. Alors, ils ouvrent la première porte, on peut voir des africains qui dorment par terre. Ensuite, tu passes la deuxième porte, tu arrives à l’accueil. Tu dois présenter ta carte d’identité pour qu’ils te fichent. Un salarié m’indique alors que je peux dormir ici deux nuits. En revanche, les français peuvent dormir autant de nuits qu’ils veulent. Si aucune identification n’est possible, je suppose que la personne restera à la rue. Une fois dans le site, les salariés te donnent un “pack-nuit”: taies et draps jetables pour le matelas, couverture, savonnette, papier toilette et papier buvard comme des serviettes. Si c’est la première fois que tu viens, un salarié t’accompagne à la chambre et te montre les installations. A six heures et demi, tu dois partir. L’équipement n’est pas dépourvu de certaines commodités. Il y a une salle avec la télévision et une petite salle à manger pour diner. Le matin, il est possible de prendre un café, du pain et du beurre.
On trouve aussi une infirmerie, cela est indispensable.

...il y a une âme © Gorka

Le hameau est un tout autre concept. C’est un centre de stabilisation pour des sans abris âgés. C’est en quelque sorte un foyer pour rester jusqu’à la fin de sa vie. C’est une petite communauté de chalets de bois bien équipés, à énergie solaire, une cuisine, une salle de bain et deux chambres. Les habitants sont aimables et accueillants. Certain d’entre eux, t’invitent pour t’offrir un verre. A l’intérieur, on peut y voir des photos, des dessins, il y a une âme. Ils aiment parler, fumer et boire le café. Il y a toujours du café, car on ne sait jamais qui peut arriver.

Le lieu est bien soigné, il y a des arbres et des plantes. Il y règne un climat de tranquillité. Il y a aussi un plus grand chalet avec une cuisine communautaire et une salle multi-usages. Si le temps est propice, on peut sortir les tables dehors et manger sous les arbres. Il est difficile de faire une distinction entre les habitants et les salariés, leurs relations sont cordiales. Ils se considèrent comme égaux. Tous participent à la vie quotidienne. Il y a un horaire avec des tâches à effectuer telles que : la cuisine, la vaisselle, le ménage. Les habitants ont aussi élaboré le règlement. Les animaux et l’alcool sont autorisés.
Tout cela relève presque de l’utopie.

Chez Ricardo © Gorka

Je sais que ces deux sites sont incomparables. Et j’imagine qu’il doit être difficile de gérer un centre comme la Madrague, où ils arrivent des dizaines de personnes chaque nuit et dont les demandes peuvent être multipliées jusqu’à dix en hiver. Je suppose que le budget se doit d’être ajusté, car il y a des choses toujours plus urgentes. Le Hameau est une idée innovante, développée et soutenue grâce à des fonds propres par une institution internationale. Même si ce projet reste couteux, il est aidé financièrement par l’État mais seulement jusqu’à la fin de cette année.

Et alors ? A mon avis, ce sont des propositions de ce type qui doivent s’imposer.

Gorka
correction : Caroline

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